L’éducation positive ne fait-elle pas trop culpabiliser les parents ?

Education positive

Depuis quelque temps, l’éducation positive est sur toutes les lèvres et on la retrouve dans tous les articles des blogs des mamans qui se veulent inspirantes. Le principe est aussi simple qu’il est flou : éduquer positivement ses enfants. Cependant, derrière cette bonne idée ne se cache-t-il pas le monstre de la culpabilité et la pression de ne pas être les parents parfaits que nous voudrions être.

L’éducation positive : les grands principes d’une parentalité bienveillante

L’éducation positive est une pensée qui a vu le jour en réaction à une éducation plus traditionnelle et souvent basée sur des valeurs d’autorité. Or, cette éducation a parfois des conséquences désastreuses sur certains enfants dont les besoins particuliers ne se reconnaissent pas dans ces cadres très stricts. L’éducation positive propose de modifier ces cadres.

Pour modifier ces cadres, l’éducation positive se repose sur ce qu’elle appelle la parentalité bienveillante. L’objectif est d’éduquer l’enfant en l’aidant à bâtir une estime de soi positive. Pour cela, les outils classiques de la punition violente ou humiliante sont évidemment proscrits. La relation parents enfants est alors reconstruite autour de la bienveillance, de l’empathie et de la compréhension mutuelle.

L’éducation positive est très proche des théories de Maria Montessori et de l’éducation Montessori. L’enfant y est considéré comme un individu intelligent et capable de faire ses choix. La communication non violente est la clé dont dépend le développement de l’enfant. Pour autant, on apprend également à l’enfant à obéir et à gérer sa frustration pour ne pas en faire un enfant roi.

Comment ne pas culpabiliser de ne pas être un parent parfait ?

Cette éducation positive et son combat contre l’autoritarisme parental et en faveur de la tendresse et de l’écoute active, c’est bien beau, mais est-ce que cela ne fait pas un peu trop culpabiliser les parents ? Effectivement, toute cette théorie réclame des parents de ne pas reproduire une éducation qu’ils ont eux-mêmes reçue et ils doivent alors combattre en permanence leurs instincts et leurs réactions automatiques.

Ce combat intérieur permanent peut être particulièrement difficile à gérer pour certains parents. De plus, nous ne sommes tous que des êtres humains et une explosion de colère est parfois absolument inévitable. Alors, donner aux parents le rôle d’un roc qui doit, en toutes circonstances, offrir le visage d’une psychologie positive, n’est-ce pas parfois trop lourd à porter ?

Derrière l’image des parents parfaits amateurs d’éducation positive, on se rend rapidement compte que l’immense majorité des parents admettent que l’éducation positive est un défi qu’ils ne parviennent pas à relever parfaitement. Il n’y a donc aucune raison de culpabiliser, car personne ne vous demande d’être parfait. Il faut seulement faire l’effort d’être positif et de reconnaître que l’éducation d’un enfant est un chemin sinueux sur lequel vous ne faites que l’accompagner.

Peut-on vraiment être des parents négatifs ?

Puisqu’il existe une éducation positive, on est tenté de se demander si cela implique l’existence d’une éducation négative. Imaginez le choc si vous découvrez un jour que vous êtes depuis des années un parent négatif ! Heureusement, il n’y a rien que l’on puisse réellement qualifier d’éducation négative.

Évidemment, il y a des parents toxiques qui font beaucoup de mal à leurs enfants, mais ceux-là s’interrogent rarement sur la notion d’éducation positive. Or, cette éducation s’oppose davantage à une éducation plus traditionnelle à laquelle notre société est habituée qu’à une éducation qui serait considérée comme négative.

L’éducation positive va surtout prendre soin de ne pas imposer de moule à l’enfant. Pour l’aider à avoir confiance en lui, il va falloir explorer avec lui son identité et lui permettre de conquérir petit à petit son indépendance. Il va donc falloir lui faire confiance sur des sujets aussi variés que l’argent de poche et les devoirs. Les parents doivent alors définir des limites claires, mais se présenter comme des guides et non pas comme des maîtres.

Les enfants comprennent-ils les adultes ?

La théorie de l’éducation Montessori et du pédopsychiatre Marshall Rosenberg, c’est que l’enfant est systématiquement un surdoué émotionnel capable de percevoir et de comprendre, parfois inconsciemment, tout ce qui l’entoure. Il est donc tout à fait possible de bâtir une relation sans rapport de force, basée sur le dialogue et l’empathie.

Alors que l’autoritarisme d’une éducation traditionnelle va considérer l’enfant comme inapte à comprendre et à gérer certaines situations, l’éducation positive va plutôt faire le pari de son intelligence et lui donner certaines responsabilités. Il n’est donc pas question de châtiment, mais seulement de récompenser les bons comportements en offrant une discipline positive.

Heureusement pour ceux qui n’arrivent pas à êtres des supers parents 24 heures sur 24, un enfant n’est presque jamais égoïste, surtout quand on l’encourage à être bienveillant. Ainsi, il comprendra facilement vos limites et ne percevra pas vos faiblesses comme une attaque à son égard ou un manque d’amour. Comme vous avec lui et ses limites, il se montrera bienveillant. N’ayez donc pas peur de l’éducation positive et ne culpabilisez pas de ne pas être parfaits.

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